Le romantisme Francaise,Vigny,Lamartine,le lutteau du theatre

Materie:Riassunto
Categoria:Francese
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Testo

La lutte au théâtre
En s'attaquant dès le début au théâtre, Victor Hugo attaquait l'ennemi de front. Joignant l'habileté au talent, il eut soin de proclamer plus haut que ses adversaires les merveilles des maîtres passés, Corneille, Racine, Molière, qu'on lui opposait sans cesse. Tout ce qui pensait, tout ce qui avait encore soucis de la grandeur des lettres, comprit la portée du manifeste. Tout le monde en convenait : le besoin d'une littérature renouvelée se faisait sentir. L'empressement avec lequel le public se pressait à l'Odéon, où des auteurs anglais venaient donner des représentations des pièces de Shakespeare, en témoigne, car il fallait que l'opinion se fût nettement prononcé en faveur des idées nouvelles pour que l'on courût applaudir les rudes chefs-d'œuvres du poète anglais. Mais autre chose était la représentation de chefs-d'œuvres étrangers, et autre chose celle de pièces nouvelles, conçues par des Français dans les même idées. On ne siffle par un livre, non plus qu'une préface ; c'était au théâtre que l'on attendait les nouveaux venus. Or Lamartine ne songeait pas au théâtre, non plus que Prosper Mérimée, dont le Théâtre de Clara Gazul était impossible à la scène, et que l'auteur se fût bien gardé d'y porter. C'était donc à qui ouvrirait le feu. Vigny allait se risquer par la traduction d'Othello, quand un jeune homme de vingt-sept ans, un inconnu, la veille encore secrétaire obscur du duc d'Orléans, obtint au théâtre Français un succès éclatant. En un jour, Alexandre Dumas était devenu célèbre ; son drame s'appelait Henri III et sa cour. La pièce est un peu lourde et a beaucoup vieilli, mais elle contenait assez de scènes osées pour soulever des orages. La grande scène du troisième acte, en particulier, où le duc de Guise, broyant les poignets de sa femme, la force à donner un rendez-vous à Saint-Mégrin, stupéfia la salle, et, l'étonnement passé, la conquit. Le succès fut inouï, éclatant. Les classiques, surpris n'avaient pu y parer. On put dire dès ce jour que la cause de la nouvelle école était gagnée.
Le romantisme
Courant littéraire, culturel et artistique européen dont les premières manifestations, en Allemagne et en Angleterre, datent de la fin du XVIIIe siècle. Il se manifeste en France et en Italie, mais aussi en Espagne, au Portugal et dans les pays scandinaves au cours des premières décennies du XIXe siècle. Le romantisme n'est pas une école mais un courant de sensibilité et de pensée qui a influencé l'art et la culture de toute l'Europe. C'est en tant que tel que le romantisme a marqué la création littéraire, que ce soit en Allemagne (Novalis, Wackenroder, Tieck, Kleist), en Angleterre (Blake, Wordsworth, Coleridge, Byron, Shelley, Keats), en France (Lamartine, Vigny, Hugo, Musset, Gautier) ou en Italie (Manzoni, Leopardi).Il y a déjà, en effet, dans les œuvres de Rousseau comme dans celles de Senancour, les premières expressions d'un des aspects les plus importants du romantisme: le sentiment de la nature, exprimé comme une extase fondée sur la ressemblance entre le paysage intérieur (celui de l'âme) et le paysage extérieur. Il y a déjà, aussi, dans René ou dans les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, une peinture de ce «mal de vivre» ou de ce «mal du siècle» qui va devenir le thème privilégié de la poésie romantique, celle de Vigny ou de Musset, par exemple. . Caractéristiques:S'il est possible de dégager un certain nombre de caractéristiques communes aux romantismes des divers pays d'Europe, chacun n'en demeure pas moins très spécifique, en raison des conditions politiques et sociales particulières dans lesquelles il se développe. Par exemple, le romantisme anglais, inauguré par les Ballades lyriques (1798) de Wordsworth et Coleridge, et préfiguré par les Chants d'innocence (1789) de Blake, n'a pas de véritable manifeste d'école. Notons aussi que certains des écrivains anglais contemporains de la période romantique, parmi lesquels Jane Austen, ne sont pas considérés comme des romantiques. En France, en revanche, le romantisme produit un retentissant manifeste d'école, la préface de Cromwell (1827) de Victor Hugo, précédée de l'étude de Stendhal, Racine et Shakespeare (1823-1825), qui oppose le «romantisme» au classicisme pour louer le premier (incarné par Shakespeare) au détriment du second (représenté par Racine).Il est vrai que tous ces romantismes nationaux ont en commun d'être des mouvements destructeurs, rejetant les préceptes rationalistes du siècle des Lumières et les canons esthétiques du classicisme. En outre, à travers tout le courant européen du romantisme, des traits généraux s'affirment nettement: la critique du rationalisme, la renaissance de l'intérêt pour la période médiévale gothique, le goût pour les paysages d'un Orient poétisé et pour l'évocation de la vie intérieure, la prééminence accordée au rêve et à l'imagination créatrice, et surtout un intérêt accru pour l'individu, perçu comme origine de la représentation.Mais se contenter de dégager ces thèmes communs revient à gommer les spécificités nationales au détriment de la compréhension des œuvres.Si, par exemple, on peut reconnaître le même souci de décrire les nuances de la vie intérieure dans les Méditations poétiques (1820) de Lamartine, et dans les Hymnes à la nuit (1800) de Novalis, ces deux œuvres sont pourtant très différentes l'une de l'autre; elles ne sont comparables, en effet, ni sur le plan du contexte culturel dans lequel elles s'inscrivent, ni sur le plan formel, ni surtout sur celui de leur intention poétique. Il est donc préférable, pour éviter toute généralisation abusive, de parler du romantisme en tenant compte de ses spécificités nationales. Manifestes et polémiques: C'est sans doute la force du classicisme en France - la réussite indiscutable et écrasante des tragédies raciniennes, par exemple - et l'immobilisme des institutions littéraires, alliés à un certain conservatisme littéraire, social et politique, qui expliquent la naissance tardive du romantisme français par rapport au romantisme allemand ou anglais. Dans ce contexte, les jeunes auteurs romantiques ont, en effet, fort à faire pour s'imposer: leur goût de la polémique et de la provocation, tel qu'il s'exprime notamment dans les manifestes et dans les préfaces de leurs œuvres, vient de là. En réalité, l'opposition entre classicisme et romantisme, entre souci d'équilibre et d'harmonie d'une part et lyrisme débridé d'autre part, si souvent mise en avant par les romantiques comme par leurs détracteurs, doit être nuancée, car l'audace formelle du romantisme par rapport à la norme classique est, dans beaucoup de cas, moins importante qu'il n'y paraît. En outre, sur le plan thématique, les poètes romantiques utilisent couramment des mythes de l'Antiquité grecque ou romaine.Les mythes faisant référence à la nature d'un point de vue panthéiste sont, en particulier, un moyen d'exprimer le sentiment d'une identité secrète entre la nature créée et l'âme humaine: c'est le thème fameux du paysage comme reflet de l'âme (ou de la nature comme miroir de l'âme). La poésie, avant Baudelaire et sa poétique des Correspondances, est donc déjà, pour les romantiques, un outil privilégié pour dévoiler les liens cachés qui organisent l'Univers. 3. Poésie et mal du siècle:Ce sont les Méditations poétiques (1820) de Lamartine qui constituent traditionnellement l'acte de naissance du lyrisme romantique en France. La poésie romantique française, dès l'origine, a pour maître-mot l'émotion. Marquant l'émergence de l'individu, elle met en avant l'expression, à la première personne, des sentiments et des états d'âme du poète. Loin des recherches formelles gratuites, cette poésie ne semble avoir d'autre thème, d'autre principe unificateur ni d'autre fin que le sujet lui-même. Celui-ci, fasciné par la complexité de son être intérieur, écrit moins pour un lecteur que pour y trouver «un soulagement de [son] propre cœur» (Lamartine).En 1836, Jocelyn (suivi de la Chute d'un ange, 1838), œuvre de Lamartine, se présente d'ailleurs comme une «épopée de l'âme». La Confession d'un enfant du siècle (1836) et les Nuits (1835-1837), de Musset, peignent aussi le dégoût de l'existence et les tourments d'une âme qui n'a pas en ce monde ce qu'elle désire. Quant à Vigny, il décrit dans Stello (1832), puis dans Chatterton (1835), ce qu'il appelle une «épopée de la désillusion», à travers l'itinéraire d'individus inaptes à trouver leur place dans la société. Ce lyrisme, qui confine parfois à la sensiblerie, sera d'ailleurs condamné par les générations suivantes, notamment par les auteurs symbolistes. Cependant, il ne faut pas oublier que cette poésie est aussi révolutionnaire et engagée - notamment celle de Hugo avec les Châtiments (1853) et de Lamartine avec son Recueillement poétique (1839). Les complaintes romantiques ne sauraient, de ce fait, être interprétées comme les symptômes d'un narcissisme maladif et d'un repli exclusif sur les préoccupations d'ordre privé.
Lamartine, Alphonse de (1790-1869), écrivain et homme politique français dont l'œuvre poétique, d'inspiration lyrique, apparut comme une «révélation» à la jeune génération romantique. Parues en 1820, les Méditations poétiques restent le chef-d'œuvre de Lamartine. Si la publication de ce recueil marque une date importante dans l'histoire de la poésie, puisqu'on y voit l'acte de naissance du romantisme en France, l'ouvrage reste assez conventionnel par sa forme. La versification (régulière) et le lexique (d'un registre élevé) restaient ceux du siècle précédent, mais Lamartine sut conférer à ses poèmes une musicalité particulière, une harmonie fortement évocatoire, qui est considérée, aujourd'hui encore, comme l'une des principales qualités de son œuvre. Mais c'est bien davantage par la teneur de ses poèmes que par leur forme que Lamartine ouvrait une nouvelle ère poétique. Le succès immédiat et considérable des Méditations s'explique en effet par leur adéquation à leur époque, à l'émergence d'une sensibilité nouvelle, liée aux bouleversements de l'histoire, aux incertitudes de l'avenir et à une nouvelle vision de l'individu, perçu comme être sensible, complexe et comme centre de la représentation. Les Méditations se présentent comme une sorte de rêverie mélancolique sur le thème de la foi et celui de l'amour. Le poète, qui parle à la première personne, évoque le souvenir de son amante perdue, qu'il appelle Elvire, et dans laquelle on s'accorde le plus souvent à reconnaître Julie Charles. Le recours au pseudonyme marque bien qu'il y a transposition des événements dans le monde imaginaire et poétique, indiquant clairement qu'il ne faut pas lire les Méditations comme un journal exactement fidèle à la réalité des faits.
Si les Méditations sont un journal, elles sont le journal d'une âme insatisfaite, qui souffre et ne trouve pas de repos. La poésie y est investie d'une fonction existentielle: elle devient le lieu de l'épanchement du Moi, d'une interrogation sur le sens de l'existence et d'une méditation sur la condition de l'Homme. L'un des poèmes les plus célèbres des Méditations est une élégie, «le Lac», qui fut directement inspiré par la rencontre avec Julie Charles sur les bords du lac du Bourget. Le thème dominant est la hantise du temps qui passe et qui corrompt tout; dans un style très affectif, le poète et sa bien-aimée, à laquelle il prête sa voix, supplient le temps, la forêt, les grottes, le lac lui-même, la nature tout entière enfin, de préserver à jamais les instants de bonheur qu'ils sont en train de partager.
Vigny, Alfred de (1797-1863), poète, romancier et dramaturge romantique français, auteur de Chatterton, qui exalta la figure d'un poète paria, incarnation de toutes les vertus. 4. Poète et paria dans la société moderne:Poète, romancier et auteur dramatique, Vigny est l'une des figures marquantes du romantisme en France. Son œuvre se caractérise par un pessimisme fondamental, qui se fit de plus en plus prégnant au cours de sa vie et de sa production. Sa vision désenchantée de la société va de pair avec un thème qu'il développa à plusieurs reprises, celui du «paria». Empruntant les traits tantôt du poète, tantôt du noble, parfois aussi du soldat, ce dernier est toujours un avatar de Vigny lui-même. S'il eut recours à des procédés et à des formes classiques en matière de versification, il se montra novateur en revanche dans l'utilisation qu'il fit des symboles - qui annonce la modernité poétique de la fin du siècle .3. Romans de la désillusion:Après Cinq-Mars, Vigny abandonna le roman historique pour se consacrer au «roman philosophique», selon sa propre expression, c'est-à-dire à des récits qui seraient l'expression philosophique de sa désillusion. Le premier, Stello (1832), est un récit sur la fatale destinée des poètes, le second, Servitude et Grandeur militaires (1835), est un récit sur la fatale destinée des soldats. Dans ces deux romans, Vigny propose une même épopée de la stérilité, dominée par son amertume et son pessimisme: le lecteur y assiste à la mort de toute spiritualité, et constate le destin cruel que la société réserve aux êtres noblement dévoués à leur idéal, c'est-à-dire le poète, le soldat ou le croyant.
La lutte au théâtre
En s'attaquant dès le début au théâtre, Victor Hugo attaquait l'ennemi de front. Joignant l'habileté au talent, il eut soin de proclamer plus haut que ses adversaires les merveilles des maîtres passés, Corneille, Racine, Molière, qu'on lui opposait sans cesse. Tout ce qui pensait, tout ce qui avait encore soucis de la grandeur des lettres, comprit la portée du manifeste. Tout le monde en convenait : le besoin d'une littérature renouvelée se faisait sentir. L'empressement avec lequel le public se pressait à l'Odéon, où des auteurs anglais venaient donner des représentations des pièces de Shakespeare, en témoigne, car il fallait que l'opinion se fût nettement prononcé en faveur des idées nouvelles pour que l'on courût applaudir les rudes chefs-d'œuvres du poète anglais. Mais autre chose était la représentation de chefs-d'œuvres étrangers, et autre chose celle de pièces nouvelles, conçues par des Français dans les même idées. On ne siffle par un livre, non plus qu'une préface ; c'était au théâtre que l'on attendait les nouveaux venus. Or Lamartine ne songeait pas au théâtre, non plus que Prosper Mérimée, dont le Théâtre de Clara Gazul était impossible à la scène, et que l'auteur se fût bien gardé d'y porter. C'était donc à qui ouvrirait le feu. Vigny allait se risquer par la traduction d'Othello, quand un jeune homme de vingt-sept ans, un inconnu, la veille encore secrétaire obscur du duc d'Orléans, obtint au théâtre Français un succès éclatant. En un jour, Alexandre Dumas était devenu célèbre ; son drame s'appelait Henri III et sa cour. La pièce est un peu lourde et a beaucoup vieilli, mais elle contenait assez de scènes osées pour soulever des orages. La grande scène du troisième acte, en particulier, où le duc de Guise, broyant les poignets de sa femme, la force à donner un rendez-vous à Saint-Mégrin, stupéfia la salle, et, l'étonnement passé, la conquit. Le succès fut inouï, éclatant. Les classiques, surpris n'avaient pu y parer. On put dire dès ce jour que la cause de la nouvelle école était gagnée.
Le romantisme
Courant littéraire, culturel et artistique européen dont les premières manifestations, en Allemagne et en Angleterre, datent de la fin du XVIIIe siècle. Il se manifeste en France et en Italie, mais aussi en Espagne, au Portugal et dans les pays scandinaves au cours des premières décennies du XIXe siècle. Le romantisme n'est pas une école mais un courant de sensibilité et de pensée qui a influencé l'art et la culture de toute l'Europe. C'est en tant que tel que le romantisme a marqué la création littéraire, que ce soit en Allemagne (Novalis, Wackenroder, Tieck, Kleist), en Angleterre (Blake, Wordsworth, Coleridge, Byron, Shelley, Keats), en France (Lamartine, Vigny, Hugo, Musset, Gautier) ou en Italie (Manzoni, Leopardi).Il y a déjà, en effet, dans les œuvres de Rousseau comme dans celles de Senancour, les premières expressions d'un des aspects les plus importants du romantisme: le sentiment de la nature, exprimé comme une extase fondée sur la ressemblance entre le paysage intérieur (celui de l'âme) et le paysage extérieur. Il y a déjà, aussi, dans René ou dans les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, une peinture de ce «mal de vivre» ou de ce «mal du siècle» qui va devenir le thème privilégié de la poésie romantique, celle de Vigny ou de Musset, par exemple. . Caractéristiques:S'il est possible de dégager un certain nombre de caractéristiques communes aux romantismes des divers pays d'Europe, chacun n'en demeure pas moins très spécifique, en raison des conditions politiques et sociales particulières dans lesquelles il se développe. Par exemple, le romantisme anglais, inauguré par les Ballades lyriques (1798) de Wordsworth et Coleridge, et préfiguré par les Chants d'innocence (1789) de Blake, n'a pas de véritable manifeste d'école. Notons aussi que certains des écrivains anglais contemporains de la période romantique, parmi lesquels Jane Austen, ne sont pas considérés comme des romantiques. En France, en revanche, le romantisme produit un retentissant manifeste d'école, la préface de Cromwell (1827) de Victor Hugo, précédée de l'étude de Stendhal, Racine et Shakespeare (1823-1825), qui oppose le «romantisme» au classicisme pour louer le premier (incarné par Shakespeare) au détriment du second (représenté par Racine).Il est vrai que tous ces romantismes nationaux ont en commun d'être des mouvements destructeurs, rejetant les préceptes rationalistes du siècle des Lumières et les canons esthétiques du classicisme. En outre, à travers tout le courant européen du romantisme, des traits généraux s'affirment nettement: la critique du rationalisme, la renaissance de l'intérêt pour la période médiévale gothique, le goût pour les paysages d'un Orient poétisé et pour l'évocation de la vie intérieure, la prééminence accordée au rêve et à l'imagination créatrice, et surtout un intérêt accru pour l'individu, perçu comme origine de la représentation.Mais se contenter de dégager ces thèmes communs revient à gommer les spécificités nationales au détriment de la compréhension des œuvres.Si, par exemple, on peut reconnaître le même souci de décrire les nuances de la vie intérieure dans les Méditations poétiques (1820) de Lamartine, et dans les Hymnes à la nuit (1800) de Novalis, ces deux œuvres sont pourtant très différentes l'une de l'autre; elles ne sont comparables, en effet, ni sur le plan du contexte culturel dans lequel elles s'inscrivent, ni sur le plan formel, ni surtout sur celui de leur intention poétique. Il est donc préférable, pour éviter toute généralisation abusive, de parler du romantisme en tenant compte de ses spécificités nationales. Manifestes et polémiques: C'est sans doute la force du classicisme en France - la réussite indiscutable et écrasante des tragédies raciniennes, par exemple - et l'immobilisme des institutions littéraires, alliés à un certain conservatisme littéraire, social et politique, qui expliquent la naissance tardive du romantisme français par rapport au romantisme allemand ou anglais. Dans ce contexte, les jeunes auteurs romantiques ont, en effet, fort à faire pour s'imposer: leur goût de la polémique et de la provocation, tel qu'il s'exprime notamment dans les manifestes et dans les préfaces de leurs œuvres, vient de là. En réalité, l'opposition entre classicisme et romantisme, entre souci d'équilibre et d'harmonie d'une part et lyrisme débridé d'autre part, si souvent mise en avant par les romantiques comme par leurs détracteurs, doit être nuancée, car l'audace formelle du romantisme par rapport à la norme classique est, dans beaucoup de cas, moins importante qu'il n'y paraît. En outre, sur le plan thématique, les poètes romantiques utilisent couramment des mythes de l'Antiquité grecque ou romaine.Les mythes faisant référence à la nature d'un point de vue panthéiste sont, en particulier, un moyen d'exprimer le sentiment d'une identité secrète entre la nature créée et l'âme humaine: c'est le thème fameux du paysage comme reflet de l'âme (ou de la nature comme miroir de l'âme). La poésie, avant Baudelaire et sa poétique des Correspondances, est donc déjà, pour les romantiques, un outil privilégié pour dévoiler les liens cachés qui organisent l'Univers. 3. Poésie et mal du siècle:Ce sont les Méditations poétiques (1820) de Lamartine qui constituent traditionnellement l'acte de naissance du lyrisme romantique en France. La poésie romantique française, dès l'origine, a pour maître-mot l'émotion. Marquant l'émergence de l'individu, elle met en avant l'expression, à la première personne, des sentiments et des états d'âme du poète. Loin des recherches formelles gratuites, cette poésie ne semble avoir d'autre thème, d'autre principe unificateur ni d'autre fin que le sujet lui-même. Celui-ci, fasciné par la complexité de son être intérieur, écrit moins pour un lecteur que pour y trouver «un soulagement de [son] propre cœur» (Lamartine).En 1836, Jocelyn (suivi de la Chute d'un ange, 1838), œuvre de Lamartine, se présente d'ailleurs comme une «épopée de l'âme». La Confession d'un enfant du siècle (1836) et les Nuits (1835-1837), de Musset, peignent aussi le dégoût de l'existence et les tourments d'une âme qui n'a pas en ce monde ce qu'elle désire. Quant à Vigny, il décrit dans Stello (1832), puis dans Chatterton (1835), ce qu'il appelle une «épopée de la désillusion», à travers l'itinéraire d'individus inaptes à trouver leur place dans la société. Ce lyrisme, qui confine parfois à la sensiblerie, sera d'ailleurs condamné par les générations suivantes, notamment par les auteurs symbolistes. Cependant, il ne faut pas oublier que cette poésie est aussi révolutionnaire et engagée - notamment celle de Hugo avec les Châtiments (1853) et de Lamartine avec son Recueillement poétique (1839). Les complaintes romantiques ne sauraient, de ce fait, être interprétées comme les symptômes d'un narcissisme maladif et d'un repli exclusif sur les préoccupations d'ordre privé.
Lamartine, Alphonse de (1790-1869), écrivain et homme politique français dont l'œuvre poétique, d'inspiration lyrique, apparut comme une «révélation» à la jeune génération romantique. Parues en 1820, les Méditations poétiques restent le chef-d'œuvre de Lamartine. Si la publication de ce recueil marque une date importante dans l'histoire de la poésie, puisqu'on y voit l'acte de naissance du romantisme en France, l'ouvrage reste assez conventionnel par sa forme. La versification (régulière) et le lexique (d'un registre élevé) restaient ceux du siècle précédent, mais Lamartine sut conférer à ses poèmes une musicalité particulière, une harmonie fortement évocatoire, qui est considérée, aujourd'hui encore, comme l'une des principales qualités de son œuvre. Mais c'est bien davantage par la teneur de ses poèmes que par leur forme que Lamartine ouvrait une nouvelle ère poétique. Le succès immédiat et considérable des Méditations s'explique en effet par leur adéquation à leur époque, à l'émergence d'une sensibilité nouvelle, liée aux bouleversements de l'histoire, aux incertitudes de l'avenir et à une nouvelle vision de l'individu, perçu comme être sensible, complexe et comme centre de la représentation. Les Méditations se présentent comme une sorte de rêverie mélancolique sur le thème de la foi et celui de l'amour. Le poète, qui parle à la première personne, évoque le souvenir de son amante perdue, qu'il appelle Elvire, et dans laquelle on s'accorde le plus souvent à reconnaître Julie Charles. Le recours au pseudonyme marque bien qu'il y a transposition des événements dans le monde imaginaire et poétique, indiquant clairement qu'il ne faut pas lire les Méditations comme un journal exactement fidèle à la réalité des faits.
Si les Méditations sont un journal, elles sont le journal d'une âme insatisfaite, qui souffre et ne trouve pas de repos. La poésie y est investie d'une fonction existentielle: elle devient le lieu de l'épanchement du Moi, d'une interrogation sur le sens de l'existence et d'une méditation sur la condition de l'Homme. L'un des poèmes les plus célèbres des Méditations est une élégie, «le Lac», qui fut directement inspiré par la rencontre avec Julie Charles sur les bords du lac du Bourget. Le thème dominant est la hantise du temps qui passe et qui corrompt tout; dans un style très affectif, le poète et sa bien-aimée, à laquelle il prête sa voix, supplient le temps, la forêt, les grottes, le lac lui-même, la nature tout entière enfin, de préserver à jamais les instants de bonheur qu'ils sont en train de partager.
Vigny, Alfred de (1797-1863), poète, romancier et dramaturge romantique français, auteur de Chatterton, qui exalta la figure d'un poète paria, incarnation de toutes les vertus. 4. Poète et paria dans la société moderne:Poète, romancier et auteur dramatique, Vigny est l'une des figures marquantes du romantisme en France. Son œuvre se caractérise par un pessimisme fondamental, qui se fit de plus en plus prégnant au cours de sa vie et de sa production. Sa vision désenchantée de la société va de pair avec un thème qu'il développa à plusieurs reprises, celui du «paria». Empruntant les traits tantôt du poète, tantôt du noble, parfois aussi du soldat, ce dernier est toujours un avatar de Vigny lui-même. S'il eut recours à des procédés et à des formes classiques en matière de versification, il se montra novateur en revanche dans l'utilisation qu'il fit des symboles - qui annonce la modernité poétique de la fin du siècle .3. Romans de la désillusion:Après Cinq-Mars, Vigny abandonna le roman historique pour se consacrer au «roman philosophique», selon sa propre expression, c'est-à-dire à des récits qui seraient l'expression philosophique de sa désillusion. Le premier, Stello (1832), est un récit sur la fatale destinée des poètes, le second, Servitude et Grandeur militaires (1835), est un récit sur la fatale destinée des soldats. Dans ces deux romans, Vigny propose une même épopée de la stérilité, dominée par son amertume et son pessimisme: le lecteur y assiste à la mort de toute spiritualité, et constate le destin cruel que la société réserve aux êtres noblement dévoués à leur idéal, c'est-à-dire le poète, le soldat ou le croyant.

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